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Entrepreneur.e ou repreneur.e ?

Être entrepreneur nait souvent d’une idée précise d’un commerce. C’est la motivation de partir de zéro pour créer, avoir un produit ou un service qui est à l’image de son (sa) fondateur (trice).

Si le besoin de modeler une entreprise à partir de rien n’est pas votre motivation principale, il serait peut-être intéressant d’envisager d’être repreneur.e. C’est-à-dire de « reprendre » une entreprise déjà existante. Cela permet de devenir son propre patron plus rapidement. Être repreneur.e c’est aussi considérer l’idée d’être propriétaire/actionnaire de plusieurs entreprises à la fois, c’est même un choix de carrière pour certains.es !

Les avantages d’être repreneur.e

  • Financement habituellement plus facile : les banquiers aiment avoir un historique d’affaires et des états financiers. Les actifs ont plus de valeur qu’un plan d’affaires.
  • Portefeuille client(e)s préexistant : même s’il vous incombera de l’étendre et peut-être de la faire évoluer en fonction de vos changements organisationnels, une base de clients.es fidélisés.es n’est pas négligeable.
  • Expertise et équipe en place : vous disposez déjà des compétences et du savoir-faire des employés.es de l’entreprise. De plus, cela vous permet de ne pas vivre la solitude des entrepreneurs.res qui débutent.
  • Accompagnement : le cédant peut vous offrir un accompagnement pour vous familiariser avec les activités de votre nouvelle entreprise et vous donner des conseils avisés.
  • Vous avez des revenus au jour 1 : un seuil de rentabilité déjà probablement atteint, vous pourrez peut-être vous verser un salaire en débutant.
  • Efficience : processus plus rapide et plus simple pour devenir son propre patron.
  • L’avenir est en général plus prometteur : la longévité à moyen terme est plus élevée que pour les entreprises qui sont créées de toute pièce. Naturellement vous devez vous assurer que l’entreprise dispose déjà d’une bonne réputation sur le marché.

Les inconvénients

  • Faire preuve d’ouverture d’esprit : le champ d’intérêt des repreneurs.es doit être plus large pour « flairer » l’entreprise à acquérir tout en respectant ses besoins et ses compétences.
  • Adaptabilité : dans un esprit de continuité, les repreneurs.es doivent souvent s’adapter à la culture et aux valeurs de l’entreprise acquise.
  • Réticence aux changements : si les processus internes sont chamboulés avec le nouveau propriétaire, le changement est souvent difficile à faire accepter par les employés.es en place. Il est habituellement plus facile de recruter à partir de ses propres critères et de sa vision de l’entreprise.
  • Leadership : même si le (la) repreneur.e est officiellement propriétaire, sa crédibilité sera un enjeu. Le (la) nouveau.elle propriétaire devra tout de même légitimé sa position pour inspirer confiance aux employés.es et réussir la transition. Parfois les comparaisons entre une ancienne et une nouvelle administration peuvent être difficiles à gérer. Introduire de nouvelles idées, de nouveaux produits ou de nouveaux services peut créer de l’insécurité chez les employés.es de longue date. Des initiatives pour créer des liens seront parfois nécessaires.
  • Investissement initial plus élevé : la transaction concerne une entreprise possédant des immobilisations, des stocks, etc. Le budget nécessaire pour démarrer une nouvelle entreprise peut quant à lui être échelonné sur une plus longue période en fonction de la croissance.

Comment trouver la perle rare

Mais où trouver l’entreprise qui attend d’être reprise ?

  • En parler autour de soi est déjà un début qui peut se présenter comme une déclaration d’intention. Peut-être qu’un membre de votre famille, votre employeur actuel ou précédent songe à vendre. L’avantage de ces opportunités est que le (la) repreneur.e connaît l’entreprise. Il se peut aussi que des « arrangements » de paiement plus souples puissent être possibles. Parfois certaines personnes préfèrent vendre leur entreprise à des gens qu’ils connaissent, dans un esprit de continuité.
  • Les agents immobiliers commerciaux. Plusieurs courtiers se spécialisent en vente d’entreprises et/ou en biens immobiliers.
  • Certains sites internet comme Centris ou des sites de « petites annonces » sont des lieux de prospection faciles, mais il faut les utiliser avec prudence.
  • Les courtiers (idéalement CBI – Certfied Business Intermediary) sont des intermédiaires professionnels entre vendeurs et acheteurs.
  • Le CTEQ, Centre de transfert d’entreprise du Québec, est un index du Gouvernement du Québec qui permet le maillage entre les acheteurs et les vendeurs. Leurs services sont gratuits et leur mandat est de favoriser le transfert harmonieux des entreprises québécoises.
  • Les comptables et les avocats connaissent les secrets des entreprises. Ils sont en première ligne pour identifier des opportunités.
  • Les banquiers sont une bonne source de recommandations. Il est dans leur intérêt de faciliter des transactions puisqu’ils pourront offrir leur service de financement.
  • Les syndics de faillite peuvent connaître des entreprises qui sont devenues insolvables, mais qui sont viables avec une restructuration.
  • Pour les plus audacieux, cibler l’entreprise convoitée et contacter directement le propriétaire.
  • La franchise est la façon qui, en général, minimise davantage les risques des repreneurs.res. Reprendre une franchise est un projet clé en main, mais il n’est pas possible d’investir dans la franchise sans obtenir l’accord du franchiseur. L’un des avantages de la franchise est au niveau du financement. En effet, un nom porteur de réussite pourra probablement permettre à l’acheteur d’obtenir des capitaux avec une mise de fonds minimale.

Diminuer les risques

Quelque soi le projet, un investissement à plusieurs personnes peut constituer une option. En couple, en famille ou avec des associés.es l’objectif doit être de diminuer le risque, d’augmenter le bassin de compétences des propriétaires et de faciliter l’apport en capital. Même un.e employé.e actuel.le de l’entreprise ciblée, ayant un poste stratégique, peut vouloir devenir partenaire. Cela permet souvent d’avoir un.e associé.e avec une très bonne connaissance de l’entreprise. Il faut par contre bien analyser cette option pour s’assurer d’avoir un.e bon.ne joueur.euse d’équipe !

La mentalité de repreneur.e individuel.le ou avec des associés.es est souvent en lien avec la “profession” de repreneur.e. En effet, le fait d’acquérir des entreprises qui ont déjà passé l’étape du démarrage, jumelé à la répartition de l’investissement entre plusieurs associées permet souvent d’accélérer le rythme des acquisitions. Ainsi les repreneurs.res peuvent posséder des parts dans plusieurs entreprises. Naturellement, ces repreneurs.res – investisseurs.res se doivent d’être de bons gestionnaires !

Le (la) repreneur.e doit bien comprendre pourquoi un.e propriétaire d’entreprise veut vendre. Si le (la) vendeur.se désire changer d’activité, partir à la retraire ou récupérer monétairement le fruit de son labeur, il n’y a pas nécessairement de mauvaises surprises. Par contre, des difficultés financières, une clientèle qui fuit un produit ou un service désuet, des fournisseurs problématiques, etc. pourraient être préjudiciables à l’avenir de l’entreprise. Une annonce « NOUVELLE ADMINISTRATION » n’est pas toujours suffisante pour récupérer une mauvaise réputation.

Parfois un.e repreneur.e en quête d’une opportunité doit faire preuve d’humilité et avouer qu’il n’a pas les compétences pour « sauver » une entreprise, même si le « deal » est attirant. Quelle que soit l’occasion, il faut aussi considérer qu’elle ne sera jamais assez alléchante pour mettre ses aspirations et compétences personnelles de côté. Il y a des entreprises qui sont destinées à mourir…

En conclusion

L’entrepreneur.e-fondateur.trice ou le (la) repreneur.e sont des bâtisseurs.ses d’entreprise, chacun à leur façon.

Le (la) premier.ère, en créant une entreprise selon ses goûts et ses valeurs personnelles, en partant de zéro.

Le (la) deuxième, en reprenant une entreprise, souvent à maturité, pour lui donner une seconde vie. Il (elle) doit assurer une transition harmonieuse et une réorganisation interne afin d’instaurer une nouvelle croissance.

Entrepreneur.e ou repreneur.e, les deux modèles de création nécessitent des personnes ayant un leadership à la hauteur de leurs ambitions et beaucoup de créativité ! Et pour être très réaliste, quel que soit le choix, le plus gros investissement sera le temps !

Marie-Claude Guévin

Marie-Claude Guévin

B.A.A. M.Sc. Enseignante aux HEC et à la Polytechnique de Montréal. Maniaque de stratégies commerciales et fan inconditionnelle de tous les entrepreneurs.res qui osent ! Suivez-la sur Instagram

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